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Soutenance d'Olivier Delettre

Olivier Delettre, doctorant à l'IHPST, soutient sa thèse de doctorat intitulée : Un rôle épistémologique du vague conceptuel : l’exemple de la résilience écologique.

Elle se tiendra le jeudi 22 octobre 2026 à 14h30, dans la salle de conférence de l’IHPST (2ème étage, 13 rue du Four, 75006 Paris).
Membres du jury :
Philippe Huneman, Directeur de recherche au CNRS (IHPST, Université Paris 1) ; Directeur de thèse
Denis Couvet, Professeur au Museum National d'Histoire Naturelle ; Co-directeur de thèse
Virginie Maris, Directrice de recherche au CNRS (CEFE, Montpellier) ; Rapporteure
Antoine Dussault, Professeur à l'Université Laval (Québec) ; Rapporteur
Philippe Jarne, Directeur de recherche au CNRS (CEFE, Montpellier) ; Examinateur
Vincent Devictor, Directeur de recherche au CNRS (ISEM, Montpellier) ; Examinateur
 
Résumé :

Depuis la fin des années 1990, le concept de résilience écologique connaît un succès scientifique, médiatique et politique considérable, alors même qu'il est largement décrit comme un concept vague : ses conditions d'application restent incertaines et sa définition varie fortement d'un auteur à l'autre. Comment un concept aussi imprécis peut-il ainsi s'imposer ?

Cette thèse propose une reconstruction historique et épistémologique du concept, de la fin du XIXe siècle à nos jours, et défend l'hypothèse suivante : loin d'être une simple étape transitoire vouée à disparaître avec le progrès scientifique, le vague jouerait un rôle épistémologique fécond dans le processus de conceptualisation, comme précurseur de définitions plus précises puis comme réservoir sémantique continuant de les alimenter.

Après avoir distingué le vague d'autres formes d'imprécision, la thèse se concentre sur le vague qui affecte la notion de persistance des systèmes écologiques, au fondement d'une définition minimale de la résilience comme capacité d'un système écologique à persister en dépit des perturbations. Elle montre comment cette idée vague initiale a donné naissance, non pas à une définition unique de plus en plus précise, mais à quatre définitions distinctes et coexistantes de la résilience, associées à quatre limites différentes de la persistance : le maintien au voisinage d'un équilibre mathématique (résilience d'état local), le maintien à l'intérieur d'un bassin d'attraction (résilience d'état global), le maintien de l'existence du système (résilience numérique) et le maintien de son type (résilience typologique).

La thèse confronte ensuite cette classification à celles proposées par Stuart Pimm et Crawford Holling, et propose un cadre théorique général représentant le processus de conceptualisation comme une structure buissonnante où vague et précision interagissent en permanence. Elle met également en évidence les limites d'une standardisation du concept au regard de la forte dépendance au contexte des systèmes écologiques.

Cette thèse invite finalement à reconsidérer l'exigence de rigueur scientifique : celle-ci ne consisterait pas seulement à préciser toujours davantage les concepts, mais aussi à savoir lesquels doivent, pour de bonnes raisons épistémiques, demeurer ouverts.

 
Il sera possible d'assister à cette soutenance en ligne en vous connectant grâce au lien suivant : 

https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/8590433149?pwd=8xJsfoAWc193Bu3hPOkHT9HQRSLVNe.1

ID de réunion : 859 043 3149 - Code secret : 072528

Cette soutenance sera également suivie d'un pot auquel vous êtes tous chaleureusement conviés.