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Séminaire
Séminaire Philbio
Nous aurons le plaisir de recevoir : Charles Wolfe, (Univ. Toulouse Jean Jaurès) dont le sujet sera : "Friendly Fire : le concept d'embodiment entre vitalisme et matérialisme".
Résumé : Réfléchir sur le concept d'embodiment en 2025 présente certaines difficultés. L’une est une sorte de constante dans l’existence de ce concept : à savoir, qu’il est tiraillé entre une tendance matérialiste (qui est après tout la première grande philosophie du corps), et une tendance subjectiviste de type phénoménologique (le corps propre, l’organisme comme subjectivité). L’autre est plus liée à une sorte d’actualité, y compris au sens d’une ontologie du présent plus ou moins foucaldienne. Quelle actualité, justement ? Car il est difficile de se faire une idée claire du concept d’embodiment, vingt-trente ans après son « pic » à la fin des années 90, quand il paraissait chaque mois un nouveau livre théorique (anglophone) avec body dans le titre, donnant naissance aux « body studies ». La France y est arrivée tard avec des livres de synthèse qui ne contiennent pas vraiment d'idées nouvelles, malgré le fait (familier) que ce fut à partir d’auteurs comme Foucault que l’idée d’une histoire du corps et des corps a « démarré ». L’histoire longue, sur plusieurs siècles, pose la question du corps, de la matière vivante, du réductionnisme. L’histoire récente pose la question d’un embodiment féministe, un embodiment queer, un embodiment dé-essentialisé à la Preciado. J’aimerais revenir sur ces deux difficultés, ces deux histoires, dans la perspective d’une théorie matérialiste de l’embodiment.