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Séminaire

Séminaire PhilSci

Nous aurons le plaisir d'écouter Teodoro COHEN (IHPST) 

« Le présent étendu : une singularité de la temporalité biologique ? »

Résumé : Le projet de recherche en question s’insère dans le débat philosophique et scientifique concernant l’existence d’une singularité du vivant ou la possibilité de le réduire à d’autres étants de la réalité, à savoir aux systèmes naturels non vivants ou aux machines digitales et algorithimques. La position théorique défendue s’inscrit dans le courant philosophique de l’autonomie et de l’auto-organisation des organismes, et défend l’existence d’un mode d’être organique (selon la célèbre définition kantienne) propre aux êtres vivants. Le projet vise donc à cerner la singularité du vivant par la singularité de la temporalité qui lui est propre. Si le temps a été le centre de débats philosophiques classiques visant à mettre en lumière la spécificité du temps de la conscience vis-à-vis de celui mesuré par la montre, il est à notre avis devenu nécessaire d’opérer un déplacement clé, de la conscience vers le vivant, en enracinant dans celui-ci, entendu comme système autonome, la possibilité même d’une telle temporalité. Nous nous pencherons notamment sur la capacité des êtres vivants d’établir un « présent étendu » entre passé et futur, mémoire et anticipation, rétention et protention. Si en physique l’on peut penser à un instant ponctuel, l’« instant » biologique est étendu et le présent est donc épais, multidimensionnel, complexe. La capacité d’anticipation du vivant, liée au caractère intentionnel de ses actions, constitue un type de temporalité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Elle s’accompagne d’une autre dynamique qui lui est corrélative, à savoir la possibilité de mobiliser le passé retenu ou réactualisé, grâce aux différentes mémoires (morphologique – biochimique, immunitaire, neurale etc. – et symbolique chez l’humain). C’est ici que se rencontrent, dans la dynamique entre rétention et protention, les dimensions synchroniques et diachroniques : la rétention et la protention ne concernent pas seulement l’expérience « individuelle » de l’organisme, mais aussi l’histoire évolutive de l’espèce à laquelle il appartient. L’action du vivant se présente donc comme une résultante complexe du jeu rétensivo-protentionnel et ne semble pas être une réponse mécanique purement synchronique au milieu. Le présent étendu établi par l’organisme est, à notre avis, une manifestation de son autonomie et une condition de possibilité de son « adaptivité ».

Lien Zoom pour ceux et celles qui ne pourraient pas être présents :

https://pantheonsorbonne.zoom.us/j/96024803220?pwd=KZu27OLZ1J2K7wINayn8pGbLnFQ84F.1